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La Comtesse qui a vu l'ours...

Née en 1762, fille naturelle du Prince de Conti et de la Duchesse de Mazarin, Stéphanie Louise de Bourbon-Conti a eu une vie agitée. Déclarée sous le nom de Comtesse du Mont Cairzain (anagramme de Conti Mazarin) elle n’est pas reconnue à temps par son père.

Ayant croisé Louis XV et d’autres personnes de la cour, elle est mise à l’écart par sa mère qui l’envoie à la campagne puis dans un couvent. Déclarée morte aux yeux de son père, elle est mariée à un procureur de Lons-le-Saunier, Antoine Billet, qui la laisse dans la misère affective.

Tombée malade, elle est envoyée à Luxeuil-les-Bains en 1781 et arrive à Mignovillard en 1782, son médecin lui ayant prescrit des bains de petit-lait.

Dans ses mémoires parues en 1798, elle raconte son séjour dans notre village : « On me conduisit à Mignovillard, à une journée de distance de Lons-le-Saunier, près du Mont Jura et du Mont d’Or. C’est un petit village situé sur la cime d’un rocher fort étendu, entouré de gras pâturages, de forêts immenses de sapins, dont la cime va se perdre dans les nues. Là il n’y a ni légumes ni fruits et on ne connait qu’un pain des plus grossiers.

Mais le lait, le beurre et le fromage y sont excellents et le miel délicieux ; point de société, point de commerce, la solitude y est extrême. J’y pris des bains de petit-lait, qu’on appelle la recuite : c’est ce qui sort des fromages de gruyère, on en nourrit les bestiaux, même après qu’on m’a retiré de la baignoire.

Cette liqueur a une propriété admirable, il suffit d’y tremper le linge tandis qu’elle est chaude pour qu’il en sorte blanc comme neige. On fait très grand cas dans le pays d’un mets que l’on nomme brésil, c’est du mouton séché, enfumé comme nos andouilles.

On fait quelquefois de la soupe avec du petit lard, ce régal est réservé pour les occasions extraordinaires.

On me fit offre d’un fusil, c’était servir mon goût et mes vues. Je me décidai pour la chasse aux cailles… j’en revenais chargée, j’en régalais tout le canton.

Il n’existe pas de gibier plus délicat et, après le brésil, c’est ce qu’on aime le mieux dans le canton. Ces montagnards sont sobres, officieux et jolis dans leur rusticité. Les femmes y sont presque toutes jolies quoiqu’un peu noires, elles ont les plus belles dents et ne sont aucunement farouches. Il n’est sorte d’honnêteté et de bons procédés que je n’ai reçus dans ce village ».

En août 1784, ayant inspiré confiance à sa gardienne, elle tente de gagner la Suisse : « Je revêts mon costume du matin, un seul jupon, un seul peignoir, je n’avais pas d’argent. J’avais calculé qu’en moins de deux heures, je pourrais me trouver à l’extrémité de la forêt. Là, j’écrirais au gouverneur de Genève pour lui demander asile ».

Mais bientôt, ses pieds, mal protégées de la rocaille par ses mules, se mettent à saigner.

« Mon talon gauche s’ouvre et le sang en sort avec abondance, je suis forcée de m’arrêter ». Poursuivant malgré tout, elle s’égare et se retrouve au pied d’un gros rocher couvert de mousse. Elle est occupée à panser ses pieds avec des bandes qu’elle arrache à ses vêtements lorsqu’elle sent quelque chose toucher ses cheveux.

Au même moment, elle entend de grands cris et, levant les yeux, elle voit venir vers elle deux bergers qui agitent des bâtons. Elle prend peur quand, tournant la tête, elle est face à face avec un ours.

L’approche des bergers et ses cris le mettent en fuite. Stéphanie veut récompenser ses sauveteurs, ils refusent et rapportent la princesse sur leurs bras jusqu’à Mignovillard.

Mais cette aventure met fin à son séjour dans le Haut-Jura. On la retrouve ensuite à Orléans et on la découvre morte de froid aux Tuileries à Paris en 1825. Sa tombe se trouve au cimetière du Père Lachaise.

Bernard COURTOIS

Sources

Site « Amis et passionnés du Père Lachaise » et l’ouvrage « Mémoires historiques de Stéphanie Louise de Bourbon Conti » paru en 1798.

Illustration

Avant 1934, la maison (actuellement occupée par la famille Chauvin) qui a peut-être accueilli la Comtesse.? Cette maison ayant été occupée par la famille du Dr Jean-François-Xavier Girod.

Extrait du Bulletin municipal 2012



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