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Jean François Xavier Girod, le médecin aux mille et une vies

« La vie de Jean François Xavier Girod évoque celle des héros antiques », disent ses biographes. Mais qui peut parler, ici, dans son village natal, du bienfaiteur, de l’humaniste, du médecin ? Qui se souvient, à Besançon, à Paris, du précurseur d’une conception scientifique nouvelle en Europe ?

Au 18ème, « siècle des Lumières », une grande page de l’histoire des premiers pas de la médecine préventive s’est déroulée en Franche-Comté, province considérée comme la référence dans la lutte antivariolique. « C’est en effet  quasiment l’unique exemple français d’une campagne de santé publique menée à une telle échelle»(6) ». Cette vaste opération d’inoculation sera l’œuvre de médecins comtois et notamment celle de Jean François Xavier Girod. « Son dévouement à la cause de ses patients mérite à lui seul ce rappel à nos mémoires ». (2)

Jean Louis Clade précise que, de 1763 à 1783, ce sont 33 619 Comtois, soit le 10ème de la population de la province de l’époque, qui seront inoculés par ses soins et celle de son équipe de médecins. Il sera l’un des premiers à développer pour le peuple des campagnes des méthodes de prévention dont l’efficacité attestée les préservera des ravages de la variole. (4)

 

L’enfant du pays

« Jean François Xavier Girod, 1735, fils de François Girod et de demoiselle Catherine Guidevaux, sa femme, né et baptisé le 26 du mois de septembre » en l’église Saint-Michel de Mignovillard.

Sur l’acte de baptême retrouvé par Noël Grand (3) figure la signature du parrain et de la marraine : Jean Girod, chirurgien et demoiselle Marie-Thérèse Guidevaux.

Un oncle chanoine du Chapitre de Nozeroy lui enseignera les humanités et les mathématiques, pour lesquels il conservera un vif intérêt. Après Nozeroy, il poursuit ses études à Besançon.

« À cette époque, la capitale de Franche-Comté était un foyer d’activités scientifiques, elle possédait une université florissante dont la réputation s’étendait loin » (2). Il sera reçu docteur en médecine par la faculté de Besançon le 6 juin 1758. On trouve sa thèse  «  An in affectibus soporosis emeticum » aux archives de la ville.

Certains jeunes diplômés de la Comté, plus fortunés, complétaient leur instruction en s’inscrivant dans d’autres facultés, notamment à Montpellier ou Paris. Jean François Xavier Girod ne consentis pas, malgré les souhaits de son père, à imposer de tels sacrifices à sa famille.

Après plusieurs stages dans les hôpitaux de la province, il s’installe au pays comme simple médecin, poursuivant à Mignovillard, comme son père, une longue tradition familiale de gens de médecine et de cultivateurs, d’ecclésiastiques et de militaires, « tous issus du val de Mièges, berceau de cette lignée depuis plusieurs siècles », nous dit Thérèse Ravard (4).

 

Le combattant de la misère et des préjugés

« Personne ne fut plus convaincu que lui de combattre l’ignorance, source de tous les maux, répandre l’instruction, ce premier bienfait de la société, ce besoin de tous » (2). Un de ses amis de la faculté de Besançon, le docteur Claude Joseph France, connaissant ses qualités de médecin, observa combien il était aimé des habitants des montagnes du Jura. Aussi, sa vie prit une autre dimension lorsqu’il accepta le poste de médecin en chef des épidémies pour la Franche-Comté.

Nommé en 1763 par Charles André Lacoré, intendant de Louis XVI, il assumera durant 20 ans une lutte exemplaire contre deux des plus grands fléaux : la misère affligeant le peuple et la variole aussi désastreuse et redoutée que la peste.

En effet, depuis des temps immémoriaux et sur la plupart des continents, la variole dévastait les populations. Elle continuera jusqu’au 19ème siècle à faire de ravages, notamment en  Europe et aux Amériques en décimant la plupart des Amérindiens.

C’est seulement « le 8 mai 1980, que la trente troisième assemblée mondiale de la santé publique proclame solennellement que tous les peuples de la terre sont désormais préservés du fléau de la variole »(6).

En Franche-Comté, la variole sévissait à intervalles d’une régularité surprenante, tous les quatre ou cinq ans, tantôt ici, tantôt là, au milieu des rigueurs de l’hiver comme de l’été accablant.

Le 26  mars 1764, l’échevin de Mignovillard écrit à l’intendant de la province : « Il s’est répandu dans la paroisse de Mignovillars une maladie épidémique des plus violentes et en même temps si rapide que l’on enterre jusqu’à cinq à six personnes par jour, comme il est arrivé ce jour… et il tombe de nouveaux malades… Nous vous supplions Monsieur de vouloir bien leur envoyer du secours. »

Dès le 28 au matin, Jean François Xavier Girod « visite » les malades. Il a été précédé par son cousin Anatoile, chirurgien à Froidefontaine. Le 2 mai, le recteur de Mièges signale un nouveau départ d’épidémie dans d’autres villages de la paroisse. « Les semailles ne sont pas faites, les malades ne peuvent plus se nourrir ». A chaque début d’épidémie, des lettres d’appel au secours arrivaient de toute la province vers le secrétaire du Subdélégué.

Pendant 22 ans, et surtout de 1763 à 1783, le Dr Girod va s’investir complètement dans sa mission contre la variole pour secourir et préserver les habitants des campagnes de sa Comté natale. « Ce premier dispositif de santé publique, unique en France par son ampleur et son organisation, réunissait une équipe de prés de 20 médecins comtois. L’appui du Roi et de la Société royale de médecine seront déterminants pour persuader la population et surtout pour faire face à l’hostilité d’une partie du corps médical. » (6)

 

Le précurseur de la médecine préventive

Jean François Xavier Girod choisit de former une équipe de médecins itinérants, secondés de praticiens résidents. Il leur transmet des techniques d’inoculation, apprises en Ecosse lors de ses rencontres avec les frères Sutton, d’Edimbourg. Ceux-ci sont reconnus comme les plus grands savants de la lutte antivariolique dans toute l’Europe du Nord, les techniques anglaises étant issues de pratiques ramenées d’Asie par Lady de Montagu, épouse de l’ambassadeur.

Le docteur Girod perfectionnera les méthodes d’inoculations par piqûres multiples, mieux adaptées à une rapide guérison, et moins traumatisantes que les incisions. Bientôt reconnu par ses pairs comme correspondant officiel de la Société royale de médecine, il transmettra des  mémoires sur les observations recueillies lors des campagnes épidémiques.

« Ce qu’il énonce dans ses mémoires, nous relate Croullebois, professeur à la faculté de médecine de Besançon en 1880, est examiné avec scrupule, décrit avec une précision et une vérité trop rare parmi les scientifiques de la fin du 18ème siècle. […]C’est à lui que revient  l’honneur d’avoir démontré le premier que la variole, communiquée par inoculation, protège infailliblement de la contagion naturelle.» Il ébauchera les premiers constats des principes d’immunité, confirmés et approfondis plus tard par Jenner puis Pasteur.

 

Le succès des inoculations

Le 19 octobre 1765, c’est à Vaux-et-Chantegrue que le Dr Girod réalise ses premières inoculations. Il le rapporte lui-même dans les Affiches et Annonces de Franche-Comté : « Je fis à Vaux, près de Sainte-Marie (Abergement Ste Marie), le  premier essai sur dix enfants en présence de messieurs Favrot et Nicod père (médecins de Frasne et de Nozeroy) et avec eux le succès fi du bruit »

Il est probable que presque dans le même temps, le Dr Girod inoculera 12 enfants à Mignovillard comme Vicq D’Azir secrétaire perpétuel de la Société royale de médecine le déclara lors de son éloge en 1784 (2).

Il  parcourait inlassablement toute la province, en toutes saisons. Médecin  itinérant, il s’installait là où se déclarait le foyer épidémique, partageant les conditions de vie des habitants du lieu et veillant jusqu’à leur  guérison. Il expliquait ses méthodes, incitant parfois  les pères à inoculer eux-mêmes leurs enfants, comme le  fit Anatoille Girod, son cousin chirurgien, pour les inoculations pratiquées avec succès dans la val de Mièges. S’attachant  à parfaire les méthodes de soins, il obtint assez vite des résultats remarquables.

 

La controverse parisienne et bisontine

En 1763, lorsque le Dr Girod fut nommé inspecteur des épidémies, les inoculations étaient en France à peine tolérées. Souvent interdites dans les villes, elles étaient encore combattue par des ennemis acharnés et l’emprisonnement menaçait souvent les inoculateurs, relate Croullebois :

« Vers la fin de l’année 1770, il (Girod) avait inoculé un grand nombre de personnes de Salins et Besançon, l’épidémie de petite vérole régna encore quelque temps mais un examen  très scrupuleux lui prouva qu’il n’y avait point de récidive. »

Mais la controverse de l’antique faculté parisienne est relancée par le Dr Bruand de Besançon. La critique porte sur le nombre des inoculés et sur l’hérésie d’oser inoculer la maladie à des biens portants car, malheureusement, il est vrai que des décès surviennent. Sont-ils systématiquement le fait d’inoculations inopportunes ? Les causes ne sont pas aussi simples que l’affirment les détracteurs de l’inoculation.

Les attaques contre lui cesseront pour un temps lorsqu’il citera les enregistrements officiels des inoculations pratiquées dans le Haut-Doubs et le Val de Mièges (effectivement, les états identifient trois personnes décédées sur 1700 inoculés).

Toute sa vie, il dut faire face à l’ignorance et à la mauvaise foi. Ainsi, la rumeur prétendra que le nombre des décès à l’issue des inoculations est fallacieux, et que les inoculés meurent prématurément. Il fit un deuxième voyage en Angleterre d’où il ramena les preuves chiffrées du bien-fondé de l’inoculation. Dans des archives familiales à Mignovillard, on trouve des livres de l’anglais Guillaume Buchan du Collège royal des médecins d’Edimbourg. Le tome II « Médecine Domestique » édité vers 1785 rassemble des arguments probants et les statistiques de l’époque.

 

Le temps de la reconnaissance

En mars 1776, Louis XVI, conseillé par ses médecins ordinaires, fit appel au docteur Girod, de Mignovillard, pour prévenir une épidémie aux alentours de Versailles.

Bien que l’histoire mentionne aussi que le roi avait été inoculé une première fois en 1674 par le Sieur Richard, l’on peut penser que la fin tragique de Louis XV, mort de la variole dans d’atroces souffrances, hantait encore la famille royale.

Aussi « les princes et les princesses furent inoculés par quatre piqûres ; le Roi de son propre mouvement en fit faire une cinquième. La maladie communiquée suivie son cours sans incident et se termina au bout du 30ème jour ».

Le Dr Girod reçu « le brevet de médecin du roi ». D’autres reconnaissances suivront. Il sera aussi distingué pour la qualité de ces mémoires envoyées à la Société royale de médecine, qui le nomme correspondant officiel, en mars 1777. Deux autres comtois, le professeur France et le docteur Charles Devillaine, médecin à Champagnole, recevront aussi cette distinction.

Le titre rare de « citoyen de la Ville de Besançon » lui sera remis lors du conseil du 2 novembre 1779. Au mois de mars 1783, le roi Louis XVI lui remettra  des lettres de noblesse. La devise mentionne sur son blason: variolis insitione domitis (la variole vaincue par inoculation, ou bien, celui qui a vaincu la variole par l’inoculation). Et en chiffres romains XXV, en souvenir des 25000 inoculations réalisées.

La société des Belles Lettres et des Arts de Besançon lui fera un éloge solennel le 29 décembre 1783. Le discours fut prononcé par son président, M. Philippon de la Madelaine. En 1784, Vicq d’Azir, secrétaire perpétuel de la société royale de médecine, lui adressera un vibrant éloge, conservé au musée de la médecine à Paris.

Le roi déclara le faire chevalier « pour ses combats contre deux ennemis redoutables : la contagion et la misère » (3). Jean François Xavier Girod en donnera une preuve remarquable aux habitants de Mignovillard.

 

La Haute-Joux en héritage

Lors d’une épidémie dans les environs de Lons-le-Saulnier, la comtesse de Lauraguais, Elisabeth Pauline de Gand, le fait appeler au château d’Arlay pour inoculer ses enfants.

L’opération se déroule très bien. La comtesse, dont les légitimes angoisses de mère sont enfin apaisées, veut lui témoigner sa profonde reconnaissance. Elle insista pour lui remettre un don de grande valeur, qu’il refusa. Pensa-t-il à son serment d’Hippocrate ? Il est probable que l’opportunité d’un enrichissement personnel obtenu grâce à ses talents contre la variole heurtait ses  convictions d’humaniste.

Néanmoins, il connaissait la misère des ses compatriotes du Val de Mièges, il savait combien les maladies, les disettes successives avaient anéantis de familles. En 1770, un siècle après les terribles guerres contre la Comté, les démographes confirment que l’ensemble de la population des campagnes était loin d’avoir retrouvé toute la vitalité de la province d’antan.

En lisant « La guerre de dix ans » de Gérard Louis, on comprend pourquoi la mémoire de ce désastre était encore bien présente dans les cœurs et les esprits.

Le Dr Girod devait connaître aussi les anciennes revendications des habitants des communautés villageoises de la Seigneurie de Nozeroy, demandant que soient préservés les pâturages et les droits d’usage de la Haute Joux. En 1773, l’exploitation de cette forêt dépendait d’un régisseur qui en tirait des revenus considérables. Les gardes infligeaient sans cesse des amendes sur le bétail, les citernes et les coupes de bois. Les paysans et manants travaillaient pour le compte de ce régisseur, plus que l’usage ne le prévoyait dans les anciennes Chartes médiévales accordées par les premiers seigneurs de Chalons.

A plusieurs reprises, la comtesse de Lauraguais leur avait donné raison, mais sans réussir à éteindre les doléances envers la « Gruerie de Nozeroy ». Ces conflits perdurant depuis des années, comment penser que le Dr Girod n’eut pas l’idée de tenter une médiation ? Ce que nous savons, c’est qu’il exprima le désir que la générosité de la comtesse s’exerçât à l’avantage de ses concitoyens des communautés villageoises.

La comtesse décida en définitive de donner aux habitants de Mignovillard, près de 700 hectares de pâturages et prés bois de la forêt de la Haute-Joux.

Le 23 septembre 1773, pour témoigner sa reconnaissance à ce médecin exceptionnel, qui avait certainement préservé sa descendance, Elisabeth Pauline de Lauraguais remis, symboliquement, ce don de grande valeur à Jean François Xavier Girod en personne. Il le reçu en mains propres car il avait été mandaté par l’ensemble des habitants du village pour les représenter.

Un acte officiel, mentionné dans l’une des mémoires du Prince Pierre D’Arenberg lors des procès de la Haute-Joux, précise que la cérémonie se déroula sur la place publique de Mignovilars. Elle est retranscrite en ces termes :

« Par devant les conseillers du roi, notaires à Besançon et témoins soussignées, est comparue très illustre et très puissante dame, Madame Elisabeth Pauline De Gand, de Mérode, de Montmorency, princesse de Mamines et d’Hisenghien, dame des domaines de la maison de Chalon au Comté de Bourgogne d’où dépend la terre de Mignovilars, épouse séparée de corps, biens et habitations du très haut Léon Félicité de Brancas, comte de Lauraguais, demeurant ordinairement à Paris, présent à Besançon en son hôtel de la Vicomté, rue de la Vicomté, rue et place Dauphine, paroisse de St Jean-Baptiste, d’une part,

Et (d’autre part) les habitants, manans, résidans et possédant biens rière le village et territoire du dit Mignovilars, les corps et communautés du dit lieu, tous ici représentés par M. Jean François Xavier Girod, docteur en médecine, breveté du roi et résidant à Besançon, et le sieur Claude Antoine Girod, demeurant au dit Mignovillars, en qualité de leurs procureurs généraux et spéciaux, les deux comparant en personne, ( …)

1. les dits procureurs spéciaux, ès nom et qualités, qu’ils agissent, acceptent pour les habitans, manans, résidans, non résidans et possédant biens rière le village de Mignovilars, leurs successeurs et ayant cause, la remise (du droit du cens) que madame la comtesse de Lauraguais veut bien leur faire, comme elle fait par les présentes, par un effet de sa bienveillance, (…)

2. qu’ils acceptent pour droits d’usage et cantonnement dans ladite forêt de la Haute Joux, toute la partie de la forêt qui se trouve renfermée dans l’enceinte d’une LIGNE ROUGE tracée au plan de la descente en 1766. »

L’attribution de ce vaste cantonnement forestier en pleine propriété pour les seuls habitants de Mignovillard suscita naturellement l’incompréhension des villages voisins, habitués à des usages forestiers « très libéraux », plus ou moins définis par d’anciennes chartes médiévales, Ils crièrent à l’injustice.

Ils entreprirent, en représailles, des coupes sauvages de bois. La commune dut faire appel aux autorités judiciaires qui confortèrent Mignovillard dans son droit.

Comme l’explique la thèse historique du docteur Claude Isabelle Brelot, dans son article à la Société d’émulation du Jura, il serait erroné d’interpréter ce conflit comme une simple querelle de clochers.

C’est en fait toute une époque, issue d’ancestrales traditions pastorales, qui commençait à basculer vers un nouveau mode d’administration et d’aménagement forestier  plus  contemporain.

Ainsi les antiques lois, fondées par les premières chartes de franchises médiévales des Princes de Chalons, allaient être balayées. Un nouveau droit forestier s’imposera progressivement. D’autres cantonnements, attribués vers 1830 à la Restauration, au bénéfice cette fois de chacune des communes du val de Mièges, confirmeront de fait ce nouveau régime  forestier : celui des grands propriétaires privés et celui des communes.

Leur principale préoccupation sera désormais de faire fructifier leur nouvelle ressource forestière, quitte à restreindre la poursuite des anciennes activités pastorales. Dès lors sonnera le signal du déclin des pâturages, puis plus tard les fermes, granges et chalets d’estives de la Haute-Joux. Mais ceci est une autre histoire ! (lire Claude Isabelle Brelot)

 

L’honneur des médecins inoculateurs

Aux attaques du Dr Bruand, Jean François Xavier Girod avait répondu : « Vous jugez bien Monsieur, je n’aurais pas suffit seul à ce travail. »

Pendant plus de vingt ans, une équipe de médecins et chirurgiens (infirmiers à l’époque) vont, sous la direction du Dr Girod, et encore après sa mort, parcourir la province comtoise en toute saison, inlassablement, parfois au péril de leur vie, et comme lui, affrontant les incessantes rumeurs d’obscurs détracteurs.

La thèse de Pierre Alain Brozzetti révèle les travaux de ces courageux médecins. Ils sont recensés à travers « les états des enfants inoculés», déposés aux archives départementales du Doubs. « Ils couvrent la période de 1776 à 1787, représentant plus de  16 000 opérations » (6).

Parmi eux se distinguent six compagnons de Jean François Xavier Girod, présents dès les premières inoculations sur les hauts plateaux jurassiens :

  • Pierre Joseph Favrot, licencié en médecine à Nozeroy
  • Hughes Alexandre Nicod, licencié en médecine à Frasne
  • Dr Grandjacques de Morez
  • Joseph Balland et Antoine Louis Devillaine, maîtres en chirurgie à Champagnole
  • Jean Claude Jeannot, maître en chirurgie à Montigny.

On trouve aussi  les noms de :

  • Claude Antoine Bouvet, maître en chirurgie à Sirod
  • Pierre François Girod, maître en chirurgie à Largillat
  • Dr Jean Baptiste Poncet de Savigny
  • Jullian, chirurgien à Tailleroncour
  • Pierre Anatoile Girod, maître en chirurgie à Mignovillars
  • Vivier, chirurgien à Chariey
  • Charnaux, chirurgien major à l’hôpital militaire de Salins
  • les médecins Grandmottet et De Combelle à Salins
  • Jean François Mollin, chirurgien à Beaufort
  • Pierret de Savigny
  • Guyetant, médecin à Lons-le-Saulnier
  • Tavernier, médecin à Pontarlier
  • Gaucher, médecin à Gray
  • Et probablement d’autres médecins, à ce jour non retrouvés.

 

Le chevalier ouvre la voie aux découvreurs

Durant l’été 1783, il reçoit des mains de Louis XVI, ses lettres de Noblesse. Le roi a en outre décidé de l’inscrire sur la liste des futurs promus comme Chevalier du prestigieux ordre de Saint-Michel, institué par Louis XI (3).

Malgré les louanges et des honneurs mérités, il n’hésite pas à rentrer en Franche-Comté, appelé par une nouvelle fièvre épidémique à Châtenois. Mais six semaines après son retour, épuisé, il est lui même atteint et après sept jours de lutte contre la fièvre intermittente, il décèdera le 5 septembre 1783 au Château d’Arlay, chez la duchesse de Lauraguais où l’avait rejoint son ami d’enfance, le docteur France.

Laissons au Docteur Pierre Alain Brozzetti (6) le soin de conclure. Il a su trouver les mots justes pour dire combien les combats du chevalier ont ouvert la voie aux grands découvreurs de la santé publique en Europe, d’Edouard Jenner à Louis Pasteur.

« Girod montre qui furent ces médecins de province, soucieux de faire progresser leur art, ne ménageant pas leur peine, cherchant à aller de l’avant avec le concours de la Société Royale de Médecine et de l’Académie des Sciences, des Belles lettres et Arts de Besançon, dans l’esprit d’une conception nouvelle de la médecine préventive. »

Au 19ème siècle, et suivant la voie si bien tracée par Jean François Xavier Girod, les vaccinateurs comtois (appliquant  la découverte de l’anglais Edouard Jenner en 1796) vont réaliser la prophétie de Vicq d’Azyr : « la suite des éloges lus dans nos séances offre déjà plusieurs exemples d’un dévouement semblable, osons prédire que celui-ci ne sera pas le dernier »

Et comme Louis Pasteur le déclarera plus tard : « il n’y a point de hasard pour les esprits préparés ».


Sources pour mieux connaître

(1) « Pour une Histoire des forêts Comtoises du XIX siècle », de Claude Isabelle Brelot. Le procès de la Haute-Joux – Société d’émulation du Jura – Lons-le-Saunier, 1979

(2) « Biographie du Docteur Girod », par le Dr Croullebois Girod – exemplaire à la bibliothèque de la Ville de Besançon, 1880

(3) « Le médecin des pauvres, le médecin du roi », biographie de Noël Grand - exemplaire à l’Académie de Médecine de Paris – Villemomble, 1974

(4) « Histoire et Médecins de Franche-Comté » de Thérèse Ravard – Cabedita Edition –Collection Archives vivantes, 2002

(5) « Médecines et superstitions en Franche-Comté autrefois » de Jean Louis Clade – Cabedita Edition – Collection Archives vivantes, 2003

(6) « Contribution à l’étude historique de la prévention de la variole au 18ème siècle en Franche-Comté », de Pierre Alain Brozzetti – Thèse du diplôme d’Etat de docteur en médecine, à la faculté de Médecine Pharmacie de Besançon, 13 janvier 1998



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